Haute-Tarentaise – Savoie 73

La tête dans les nuages


  • 1510D+
  • 14km
  • Au départ du barrage du Saut
  • Randonnée la plus haute d’Europe accessible sans matériel d’alpinisme uniquement de la mi août à septembre
  • Patou croisé au retour, suiveur mais silencieux
  • Aucun point d’eau
  • Niveau : très difficile

2 août 2021

Ce lundi 2 août 2021 avec une météo bien pourrie, on s’est dit “oh bah tiens, si on allait se taper la Grande Sassière pour ne rien voir ?” et c’est donc bien ce qu’on a fait !

Direction la plus haute randonnée d’Europe accessible normalement sans matériel d’alpinisme à la fin de l’été. Au départ du barrage du Saut après avoir passé Tignes, nous nous sommes servis de maps.me pour trouver le sentier de départ puisqu’aucun panneau n’indique la direction. Il suffit de repérer les trois gros cailloux.

On traverse l’alpage du Plan de la Casette et croisons des vaches, au retour des moutons avec un patou passif et un border qui ne nous a semble-t-il pas vu. Nous avons espéré passer au dessus des nuages mais ceux-ci sont montés malheureusement avec nous, cela étant dit on a donc eu l’impression de faire “une rando 4 saisons” bien perceptible à travers les photos !

Un parterre d’Edelweiss plus tard, nous atteignons rapidement un plateau lunaire à 3100m pour enfin commencer les choses sérieuses : caillasse à gogo, puis neige en bonne quantité après avoir longé le joli glacier de la Sassière qui commence à laisser apparaître ses crevasses, curieusement bien blanc pour la période. Nous croiserons dans le sentier main droite un joli groupe de bouquetins !

Le mur final pour les derniers 400D+ relevant du kilomètre vertical, cumulé à l’altitude avec son manque d’oxygène et puisqu’on aime la difficulté en se rajoutant la neige et la brume ont donné une fin d’ascension bien hardos ! Matos d’alpi quasi obligatoire. Bien plus accessible en fin d’été et septembre quand il n’y a que la caillasse d’ardoise. Rando normalement obligatoirement attachée pour les chiens puisque dans la réserve de la Vanoise.

La descente sera lente et technique pour éviter la glissade sinistre. La météo en profite pour tourner légèrement à notre avantage et dégager des points de vue furtif pour notre plus grand plaisir. Nous croiserons encore une fois des bouquetins tranquillement posés à contempler le lac en contre-bas.

Attention : la difficulté de cette randonnée réside dans sa longueur, avec 1510D+ et son altitude qui s’approche des 4000m. Cela occasionne nécessairement une vigilance particulière au comportement de nos chiens : au moindre signe inhabituel ou changement de comportement, demi-tour ! Un chien de 30kg à plus de 3500m, c’est finalement comme si on y emmenait un enfant 10 ans et dis comme ça, on reconsidère les choses autrement. La pression de l’altitude exercée sur le corps humain comme animal peut provoquer le mal des montagnes dans le meilleur des cas, des dommages irréversibles sur le plan médical dans le pire des cas. Une mauvaise préparation ou une surestimation de ses propres capacités, la recherche d’un trophée à afficher dans son catalogue des 3000 au détriment de votre fidèle compagnon peut l’emmener au tapis. Très simplement, avant de chercher à grimper la Grande Sassière, il existe d’autres 3000 plus bas pour se faire la main et observer le comportement de votre loulou dans ces conditions. Si à l’inverse votre chien est déjà bien entrainé autant physiquement au gros dénivelé positif et au changement d’altitude, alors go ! N’hésitez pas, Helly n’a eu aucune réaction particulière sur cette randonnée malgré les conditions, comportement absolument normal !

En terme de technicité, une fois passé le plateau des 3100m, il faut escalader une première partie de caillasse en mettant parfois les mains. Pas de matériel nécessaire mais un pied chamois pour l’un et l’autre. S’ensuit le glacier que l’on longe puis la seconde partie difficile : ce mur est tellement raide qu’il peut paraitre vertigineux alors qu’il n’y a pas de danger particulier excepté la chute en avant à la descente. La neige même en faible quantité rend l’exercice dangereux sans crampons. L’encordement de ma chienne est un choix personnel qui n’engage que moi, cela me permet de retenir une éventuelle chute de sa part au risque qu’elle m’entraine avec elle.

Une très belle performance pour nous sur cette randonnée avec le regret du soleil qui manquait à l’appel !

La team de l’extrême !

Matériel utilisé pour la sécurisation d’Helly en raison de la neige

  • Corde d’escalade Beal Opera 8,5mm / 30mètres
  • Harnais d’alpinisme pour moi avec mousqueton
  • Bloqueur de marque Kong Duck pour faciliter l’utilisation de la corde en laisse
  • Harnais d’alpinisme Ruffwear Doubleback pour Helly, résistance à la rupture de 900kg



Visorando

L’Aiguille de la Grande Sassière avec un chien

Vous pouvez également aimer :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *